F comme Festivals internationaux 3

Encore des festivals consacrés au cinéma documentaire dans le monde, en dehors de l’Europe

Etats-Unis

Africa World Documentary Film Festival  St. Louis, Missouri

American Documentary Film Festival and Film Fund, PALM SPRINGS, CA

Atlanta Docufest. Atlanta Documentary Film Festival, Atlanta

Chagrin Documentary Film Festival Chagrin Falls

DOC NYC, New York

DocMiami International Film Festival, Miami

Docutah – Southern Utah International Documentary Film Festival St. George, Utah.

DoubleTake Documentary Film Festival, Durham, North Carolina

Hot Springs Documentary Film Festival

San Francisco Docfest

Big Sky Documentary Film Festival, Missoula, Montana

Canada

DOXA Documentary Film Festival, Vancouver, canada

Hot Docs Canadian International Documentary Festival, Toronto, Canada

Amérique centrale et Amérique du sud

DocsDF, International Documentary Film Festival of Mexico City

Costa Rica International Documentary Film Festival , Montezuma, Costa Rica

Moyen Orient

Aljazeera International Documentary Film Festival Doha, Qatar

DocAviv Film Festival, Tel Aviv, Israël

Asie

DMZ International Documentary Film Festival, Paju city, Corée du sud

EBS International Documentary Festival, Séoul, Corée du sud

Bombay International Documentary, Short and Animation Film Festival, Inde

International Documentary and Short Film Festival of Kerala, Inde

Guangzhou International Documentary Film Festival, Chine

Autres

Cinema Vérité, Iran International Documentary Film Festival, Teheran, Iran

Documentary Edge Festival Auckland et Wellington, Nouvelle Zélande

Melbourne Documentary Film Festival, Australie

Antenna Documentary Festival Sydney Australie

Encounters South African International Documentary Festival, Cape Town and Johannesburg, Afrique du sud

 

 

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P COMME PRIX (en festival)

Etre sélectionné dans un festival est la première étape dans la longue galère que constitue souvent la distribution d’un film documentaire. L’occasion de rencontrer un premier public. Souvent passionné, de connaisseurs toujours. Recevoir un prix est alors une première consécration, même si cela n’est pas toujours la certitude d’ouvrir le chemin d’une sortie en salle. Une carrière dans de nombreux festivals non plus. Mais elle permet quand même souvent une édition en DVD ou une présence sur les sites de VOD. La vie d’un documentaire est souvent faite d’épines, mais aussi de surprises et de belles satisfactions pour les cinéastes.

Voici une liste de prix que décernent quelques-uns des festivals spécialisés dans le cinéma documentaire dans le monde francophone.

Cinéma du réel, Paris.

  • Grand Prix Cinéma du réel de la Compétition internationale,
  • Prix international de la Scam,
  • Prix Louis Marcorelles de l’Institut français,
  • Prix Joris Ivens,
  • Prix du court-métrage,
  • Prix des détenus du centre pénitentiaire de Fresnes,
  • Prix des jeunes Cinéma du réel,
  • Prix des bibliothèques,
  • Prix du patrimoine de l’immatériel,
  • Prix des éditeurs / Potemkine.

 

 Festival International de cinéma de Marseille (FID)

  • Grand prix de la compétition internationale
  • Prix Georges de Beauregard international
  • Grand prix de la compétition française
  • Prix Georges de Beauregard national
  • Prix premier
  • Prix Institut français de la critique en ligne
  • Prix du groupement national des cinémas de recherche (gncr)
  • Prix du centre national des arts plastiques (cnap)
  • Prix des lycéens
  • Prix Renaud Victor
  • Prix Marseille espérance
  • Prix du public
  • Prix « Regard social »
  • Prix des étudiants

Escales documentaires, La Rochelle

Grand Prix des Escales Documentaires

Prix du Public

Prix des Jeunes

 

Traces de vie, Clermont-Ferrand

 

  • Grand prix Traces de Vies
  • Prix « Hors frontières
  • Prix « Regard sur la diversité »
  • Prix de la création
  • Prix du premier film professionnel
  • Prix des formations audiovisuelles
  • Prix « Regard social »
  • Prix des étudiants

 

Ecrans documentaires d’Arcueil

  • Le prix des Écrans Documentaires
  • Le prix du Céci – Moulin d’Andé

 

Visions du réel, Nyon, Suisse

  • Sesterce d’or prix Raiffeisen MaItre du réel

 

Compétition internationale longs métrages

Sesterce d’or la mobilière

  • Prix du jury régionyon

 

Compétition Internationale moyens métrages

  • Sesterce d’or george
  • Prix du jury george

 

Compétition Internationale courts métrages

  • Sesterce d’or fondation Goblet
  • Prix du jury mémoire vive

 

Regard Neuf

  • Sesterce d’argent regard neuf Canton de Vaud
  • Prix du jury regard neuf

 

Cinéma Suisse

  • Sesterce d’argent
  • Prix du jury
  • Prix du Public pour la section Grand Angle
  • Sesterce d’argent prix du public ville de Nyon
  • Jury des Jeunes
  • Prix Buyens-Chagoll
  • Prix Interreligieux

 

Rencontres internationales du documentaire de Montréal

  • Grand prix de la compétition internationale longs métrages
  • Prix image de la compétition internationale longs métrages
  • Prix montage de la compétition internationale longs métrages
  • Grand prix de la compétition nationale longs métrages
  • Meilleur espoir Québec/Canada
  • Prix du meilleur court ou moyen métrage international
  • Prix du meilleur court ou moyen métrage national
  • Prix du public
  • Prix Magnus-Isacsson
  • Prix des étudiants
  • Prix des détenues

F comme Festivals internationaux 2. (Europe)

Festivals en Europe (hors France) où le documentaire est particulièrement présent (Sélection)

  • Tempo Documentary Festival, Stockholm, Suède
  • Dokfilm, Volda, Norvège
  • DocPoint – Festival du film documentaire, Helsinki, Finlande
  • Festival international du film documentaire,  Copenhague, Danemark
  • Amsterdam International Documentary Film Festival, Pays-Bas
  • Documentary Film Festival Flahertiana, Perm, Russie
  • Moscow International Documentary Film Festival DOKer, Moscou, Russie
  • Festival du film documentaire, Vilnius, LituanieWorld Film Festival, Tartu, Estonia
  • CRONOGRAF Festival, Chisinau, Moldavie
  • NIHRFF – Nuremberg International Human Rights Film Festival, Nuremberg, Allemagne
  • DokumentART – European Film Festival for Documentaries, Neubrandenburg, Allemagne
  • Dokumentarfilmwoche, Hambourg, Allemagne
  • Festival international du film documentaire et du film d’animation, Leipzig, Allemagne
  • OxDox, Oxford, Angleterre
  • Document International Human Rights Documentary Film Festival, Glasgow, Écosse
  • Input Film Festival, Hilversum, Pays-bas
  • Festival International du Film de Santé – ImagéSanté, Liège, Belgique
  • Visions du Réel, Nyon, Suisse
  • Ethnocineca , Vienne, Autriche
  • Watch Docs – Human Rights in Film, Varsovie, Pologne
  • Gdansk DocFilm Festival, Gdansk, Pologne
  • One World Romania: Human Rights Film Festival, Bucarest, Roumanie
  • Budapest International Documentary Festival, Budapest, Hongrie
  • Belgrade Documentary and Short Film Festival, Belgrade, Serbie
  • Pravo Ljudski Film Festival, Sarajevo, Bosnie
  • Madrid International Documentary film festival, Espagne
  • DocsBarcelona, Barcelone, Espagne
  • MiradasDoc, Festival international de cinéma documentaire, Guía De Isora, Espagne.
  •  Play-doc Tui, Espagne
  • Cinestral, Documentary Film Festival, Valence, Espagne
  • Doclisboa, Lisbonne, Portugal
  • Thessaloniki Documentary Film Festival, Grèce

Pour les festivals en France voir  dicodoc.wordpress.com/2016/02/09/f-comme-festival/

F COMME FESTIVALS (internationaux)

Dans le monde entier (en dehors de la France)…des festivals consacrés exclusivement au film documentaire

                                   Première liste (à suivre)

Visions du Réel, Nyon (Suisse, avril)

Taiwan International Documentary Festival  (Taiwan, mai)

Festival international du film documentaire de Munich (Allemagne juin)

Hot Springs Documentary film festival (Etats-Unis, Octobre)

American Documentary Film Festival, Palm Springs (Etats-Unis, avril)

E Trudo Verdade / It’s all true. Internationnal Documentary Film  Festival, Sao Paulo (Brésil, avril)

Play-doc, Tui (Espagne, avril)

Art of the Real, Lincoln Center, New York (Etats Unis, avril)

Dokumentarfilmwoche, Hamburg (Allemagne, avril)

Sheffield Doc/Fest  (Angleterre, juin)

Open City Documentary Festival (Londres, juin)

Festival du film documentaire de Saint-Louis du Sénégal (Sénégal, décembre)

Dokufest, International documentary and short film festival in Prizren (Kosovo, Août)

Hotdocs Canadian  international, documentary festival Toronto (Canada, avril)

DocsBarcelona, International Documentary Film Festival  (Espagne, Mai)

DocsBarcelona Medellín (Colombie, Juillet)

Festival DocsBarcelona Valparaíso ( Chili, novembre)

YIDFF – Yamagata International Documentary Film Festival (Japon)

Documentary Edge Film Festival, Wellington (New Zealand)

Antenna Documentary Film Festival, Sydney (Australie, octobre)

Melbourne Documentary Film Festival (Australie, juillet)

Encounters South African International Documentary Film Festival, Cape Town (South Africa, mai)

Muestra Internacional Documental de Bogotá (Colombie, Novembre)

 

 

 

 

 

 

 

H COMME HANDICAP (amour)

Quand j’étais papillon, film de Adrien Charmot et Jenny Saastomoinen.

Un joli titre. Poétique. Un peu énigmatique. Mais qui prend du sens au fur et à mesure du déroulement du film. D’abord par la référence à l’institution « Les papillons blancs » comme lieu de tournage. Mais est-ce suffisant ? On peut aussi évoquer l’expression – que personne n’utilise dans le film – « des Papillons dans le ventre » pour désigner la situation amoureuse. Et chaque spectateur peut faire ses propres associations sur les papillons. Un titre ouvert donc. Et l’emploi de la première personne du singulier nous éloigne de toute perspective didactique, médicale ou théorique.

Un sujet difficile. Il n’est jamais évident de filmer le handicap mental. Un handicap dérangeant, chargé dans le passé de tant de connotations négatives – idiotie, débilité, simple d’esprit, demeuré…Ont-elles disparu aujourd’hui ? Peut-on vraiment s’en défaire ? Le cinéma ne court-il pas le risque de transformer peu ou prou le spectateur en voyeur ? La centration sur l’amour et la sexualité – sujet tabou s’il en est, comme cela et dit et redit dans le film – redouble inévitablement le malaise. Les handicapés mentaux peuvent-ils avoir une vie amoureuse et une vie sexuelle ? Comme tout le monde ? Une vie normale en somme. Le film fait le choix de rester dans le cadre d’une institution, ce qui a pour résultat de laisser les personnes handicapés « entre elles », de les enfermer en quelque sorte dans le handicap. Et le film de poser en creux une grande question : l’amour peut-il vaincre le handicap ?

Un dispositif filmique enfin. Simple – du moins en apparence- mais efficace. Les personnes handicapées font face à la caméra. Elles sont debout. Sur fond noir. Elles répondent à des questions venant de derrière la caméra. Oui, elles aspirent toutes à connaître l’amour, à avoir une vie sexuelle, autant que l’institution puisse le permettre. Une revendication qui n’est pas une révolte. Le dispositif ne les pousse pas à crier. Mais leur demande n’en est que plus pressante. Et c’est en couple qu’ils se présentent alors à la caméra. Pour officialiser en quelque sorte leur rencontre, leur liaison. La vie en couple : le sens même de leur existence.

A consulter, le site de L’oeil lucide  http://www.loeillucide.com/

O COMME OCCUPATION

Voir le film sur Tënk

Palazzo delle Aquile, film de Stefano Savona , Alessia Porto , Ester Sparatore
France, Italie, 2011. Grand Prix Cinéma du réel, 2011.

De très grandes pièces, particulièrement hautes de plafond. Des pièces d’un palais historique qui deviennent des aires de jeu étonnantes pour les enfants, même si elles n’ont pas été prévues pour ça. Elles n’ont pas non plus été prévues pour servir d’habitation, et pourtant, pendant un mois, 18 familles d’abord – auxquelles vont se joindre bien d’autres mal-logées de la ville – vont y vivre jour et nuit. Pour forcer ma municipalité de Palerme à résoudre leur problème de logement, ces familles « sans logis » vont en effet occuper le Palazzo delle Aquile, siège de la mairie de la ville. Et elles sont bien résolues à ne le quitter que pour aménager dans de véritables maisons !

La caméra des cinéastes va elle aussi séjourner pendant un mois dans ce palais, n’en sortant que pour une rapide séquence dans la cathédrale à l’occasion d’une fête religieuse – occasion de voir le maire de la ville s’agenouiller à même le sol – et pour attendre devant la préfecture les résultats de la négociation qui tente de débloquer la situation. Une immersion totale, jour et nuit. La nuit chacun essaie de s’arranger le mieux possible pour dormir, sur un banc, une chaise ou sur le sol. Au matin, c’est le partage des croissants pour le petit déj’. Les repas d’ailleurs semblent toujours poser problème, et les accusations de voler la part des enfants sont particulièrement fréquentes. C’est que vivre en groupe dans un tel lieu n’est pas toujours simple. Et les querelles, les engueulades même, sont fréquentes. Pour des raisons matérielles bien sûr. Mais aussi, de façon plus politique, sur la poursuite du mouvement et surtout sur sa résolution.

Le film nous offre donc dans cet espace clos une vision contrastée de la vie en commun dans ce sud de l’Italie où les problèmes économiques – qui ne sont pourtant pas évoqués explicitement – se concrétisent dans les difficultés que rencontrent les familles pour se loger. Il nous offre aussi une vision sans concession de la classe politique locale. Le film s’ouvre sur la séance du conseil qui a lieu « en présence » des occupants. Dès qu’ils applaudissent une intervention d’un membre de l’opposition municipale qui exprime son soutien, le président menace de les expulser. « Nous ne sommes pas au théâtre », dit-il sans rire et sans penser que sa formule peut avoir au moins un double sens. Une deuxième séance du conseil se déroulera à la fin du film, lorsqu’une solution semble avoir été trouvée. Une séance silencieuse cette fois, du moins du côté des familles dont la dite solution reste en travers de la gorge de beaucoup d’entre elles. Il faut savoir terminer une occupation, semble être le mot de la fin. Les familles quittent le Palazzo delle Aquile, avec leurs sacs et leurs baluchons. Leur action a-t-elle permis de faire progresser la résolution des problèmes de logement dans la ville ? Rien n’est moins sûr.

Voir le film sur Tënk http://www.tenk.fr/fragments-dune-oeuvre/palazzo-delle-aquile.html

D COMME DANSE (Millepied)

Relève : histoire d’une création, un film de Thierry Demaizière et Alban Teurlai

Ce film peut être perçu comme la suite de celui que Frederick Wiseman a consacré au ballet de l’opéra de Paris (La danse, le ballet de l’opéra de Paris, 2009 ). Et précisément, il se situe au moment où Benjamin Millepied vient d’être nommé directeur de la danse à l’opéra de Paris, succédant à Brigitte Lefèvre qui occupait ce poste du temps du film de Wiseman. Changement de direction : rupture ou continuité ? Qu’est-ce qui change – ou peut changer ? Dans l’institution. Mais aussi qu’est-ce qui peut être identique – ou différent – dans la façon de filmer la danse et les danseurs ?

En fait le film consacré à Benjamin Millepied montre assez peu sa façon de diriger le corps de ballet de l’opéra. Il se centre beaucoup plus sur son travail de chorégraphe, puisque, comme son titre l’indique, le film suit pas à pas la création de son premier ballet à l’opéra Garnier, “Clear, Loud, Bright, Forward”, ballet qui sera le seul que Millepied montera en tant que directeur de la danse puisqu’au moment où nous voyons le film – et le carton final le précise – nous savons qu’il a démissionné de son poste de directeur, et ce, quatre mois après sa nomination. Nous pouvons alors voir le film en essayant de comprendre le pourquoi d’une si brusque décision. Et donc de comparer les modes de management des deux directions successives. Dans le film de Wiseman, Brigitte Lefèvre est très présente, même si le cinéaste ne centre pas explicitement son regard sur elle. Nous la voyons partout dans l’opéra, en réunion beaucoup ou recevant des journalistes ou des associations étrangères amies. Elle traite des problèmes financiers ou de personnel. Mais comme toujours chez Wiseman, ke cinéaste ne donne pas une analyse de son rôle et de la façon dont elle remplit sa mission. Il laisse le spectateur construire sa propre vision de la façon de diriger une telle institution. Le film de  Thierry Demaizière et Alban Teurlai  prend beaucoup plus explicitement position. Benjamin Millepied évoque ce qu’il a l’intention de faire évoluer. Il critique la structure pyramidale du corps de ballet, la rivalité instaurée entre les danseurs selon leur place dans la hiérarchie. Une hiérarchie trop pesante, véritable obstacle selon lui à la création. Est-ce cela qui le poussa à la démission ? Le film n’évoque pas les moyens que ce jeune directeur pense mettre en œuvre pour bousculer ce fonctionnement traditionnel de la maison. Il esquive quasiment le problème, même s’il esquisse un film dans le film, non plus un film sur la danse, mais un film sur un corps de ballet, prestigieux, mais qui peut aussi connaître des crises.

Benjamin Millepied est d’abord un danseur et un chorégraphe et le reste en prenant place dans le fauteuil de directeur. C’est là que réside l’originalité du film qui lui est consacré. Un film qui plonge dans l’aventure de la création. Depuis le moment où Benjamin reçoit la partition de la musique sur laquelle il composera son œuvre, jusqu’à la représentation de la première. Une véritable course contre le temps, que le film amplifie d’ailleurs en affichant systématiquement le compte à rebours, en passant par les innombrables répétitions, la création du décor et des costumes, la mise en place de l’orchestre… Le film n’ignore aucun des aspects qui interviennent dans la réalisation du spectacle. Un souci d’exhaustivité qui n’est pas sans rappeler Wiseman.

Mais le film de  Thierry Demaizière et Alban Teurlai est aussi le portrait d’un artiste. C’est l’acte même de création qui nous est montré, filmé au plus près. Nous entrons dans l’intimité du chorégraphe. Certes, il le montre aussi parcourant tous les étages du palais Garnier, et la façon dont son assistante passe son temps au téléphone pour essayer de le trouver, ici ou là, donne au film une touche d’humour assez subtile.       Il le montre aussi en discussion avec les accessoiristes, ou les créateurs des costumes ou avec le chef d’orchestre. Mais c’est véritablement dans son rapport avec les danseurs lors des répétitions que se situe le point fort du film. Un rapport fait de confiance. Millepied encourage sans cesse ses danseurs, les félicite pour leur travail même lorsqu’il leur fait reprendre un mouvement qu’ils viennent d’exécuter. Le film le montre soucieux de la bonne santé de chacun et lorsqu’une danseuse lui parle de sa douleur au pied, c’est lui qui commence un massage. Bref, si la tension monte au fur et à mesure que la date de la première approche, la création du ballet se fait dans l’ensemble dans une atmosphère plutôt détendue, presque bon-enfant. Il y a là sans doute un effet voulu par les réalisateurs du film. L’incipit montrait d’ailleurs la salle comble lors de la première en présence du Président de la république. Le suspens qu’essaie de créer la construction du film est un peu factice. Il n’y a pas de doute à avoir. Dès le début on sait que le ballet ne peut qu’être un triomphe.

Reste que le film réussit à nous faire savourer le spectacle de la danse. Essentiellement d’ailleurs dans l’utilisation de gros plans dans les mouvements d’ensemble en particulier, en focalisant notre regard sur les jambes des danseurs. La caméra nous montre leur art comme aucun spectateur dans la salle ne peut le voir. Même si cette vision reste fugace. Le film n’est pas une captation du spectacle. Mais comme celui de Wiseman, ou aussi celui de Wim Wenders sur Pina Bausch, il contribue à nous faire aimer la danse.

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